Le 9-3 de Z à A est le témoignage d’un professeur de Lettres de l’Éducation Nationale.

Ecrit en janvier 2013, ce texte se présente sous la forme d’un abécédaire éclaté.

Au fil des lettres de l’alphabet prises dans le désordre, des définitions nous dépeignent peu à peu l’univers dans lequel la majorité des enseignants exercent aujourd’hui leur métier :

« E comme Enseignant : 
Finir enseignant, c’est s’engager à exercer le plus beau métier du monde : un emploi stable, une hiérarchie discrète, seize semaines de vacances par an, dix-huit heures seulement de travail par semaine. Et une mission publique de transmission, d’instruction, d’éducation… 
Transmission de son autorité, instruction d’affaires devant la Justice, éducation d’élèves sans éducation armés d’ennui, d’indifférence et de mépris… Exercer le plus beau métier du monde, c’est s’engager à finir en saignant. »

 

Texte
stéphane Polsky
Mise en scène
Hélène Polsky

Son
Deborah Dourneau
Lumière
Alain Cianci
Régie
Baptiste Soudée

Avec
Herve Blanc

& Hélène Polsky

Durée
50mn

Scénographie
Un tableau d'école mobile, une chaise

Lumière
Un halogène à tête basculante, 1 vidéo-projecteur

Son
Une console, un ampli, 2 micro serre-tête

Créé au Théâtre de l'Ecole Normale Supérieure (Paris, France)

Tournée: Collèges et théâtres de La Manufacture d'Avignon

Soutiens: Le 104, Ecole Normale Supérieure, théâtre de la Manufacture d'Avignon, Maison Louis Jouvet de Montpellier, Mairie Paris 19, Agglomération Montpellier-Languedoc Roussillon

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La Compagnie Les Étoiles Embrumées cherche à faire entendre ceux qu’on ne voit pas, qu’on n’entend pas, qu’on ne comprend pas. Après nous être penchés sur la thématique des Sans Domicile Fixe, nous nous sommes demandé comment participer à l’éradication de la misère.
Dans son Discours sur la misère à l’Assemblée Nationale du 9 juillet 1849, Victor Hugo lui-même expliquait que cela était possible. Dans cette optique, nous souhaitions dresser un « état des lieux » du droit d’accès à l’éducation pour tous – et le constat est affligeant.

En France, aujourd’hui, il est impossible aux professeurs d’exercer leur droit de grève sans qu’il leur soit reproché de n’être jamais contents. Pourtant, outre l’alignement légitime de leurs salaires sur l’augmentation du coût de la vie, ce que les professeurs réclament surtout, c’est que leur statut soit à nouveau valorisé et, dans l’intérêt général,qu’ils puissent exercer le métier pour lequel ils ont été formés. Hélas, leurs appels sont rarement entendus. Ils perdent des journées de salaire et personne ne les écoute vraiment, cependant que sur leur lieu de travail, les formes de violences se renforcent et se multiplient – avant d’être passées sous silence, faute de solutions pour les endiguer.

D’ailleurs, de plus en plus de parents préfèrent (ou préfèreraient) inscrire leurs enfants à l’école privée : l’encadrement y paraît non pas seulement meilleur, mais salutaire. Car les établissements scolaires publics ne peuvent souvent plus assurer un enseignement digne de ce nom. Comment faire cours à plus de trente adolescents dont la violence est augmentée par l’idée même de l’autorité professorale à laquelle ils sont tenus d’obéir ?

« Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien et de personne, alors, c’est là,
en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. » Platon, La République.

Rebaptisée « Éducation Nationale » en 1932, ce n’est pas seulement l’appellation « Instruction Publique » qui a disparu, en 2013, c’est la possibilité même d’instruire, de transmettre le goût du savoir. Le nombre des professeurs qui sont placés en arrêt maladie, additionnés à celui de ceux qui démissionnent, ne cesse de croître. Ils ont pourtant suivi des études pointues, et ils ont bataillé pour être admis aux différents concours de l’enseignement. Mais une fois en fonction, ils doivent souvent tirer un trait sur leur vocation… 

Pour combattre l’indifférence et les préjugés, nous empruntons la voie théâtrale afin de faire entendre un instant la réalité d’un professeur qui exerce dans le département le plus difficile de France, la Seine Saint-Denis : quel y est le quotidien des professeurs ? Où en est la situation dans les autres établissements de France ? Quelle réflexion mettre en place pour protéger l’accès au droit à l’instruction, c’est-à-dire à « l’école gratuite, laïque et obligatoire pour tous » ?

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